Un post Instagram supprimé, une mise en demeure de l’Ordre pour une plaquette jugée trop commerciale : les kinés sont soumis à des règles de communication strictes que beaucoup ne connaissent pas précisément. La frontière entre information légitime et publicité interdite est plus fine qu’il n’y paraît.
Le principe : une profession soumise à un cadre spécifique
L’article R.4321-105 du Code de la santé publique pose le principe fondamental : est interdite toute forme de publicité en faveur d’un masseur-kinésithérapeute. Mais cette interdiction ne signifie pas que toute communication est impossible. La distinction clé : entre information et publicité commerciale.
| Information vs publicité : la distinction fondamentale – Est autorisée toute communication qui informe objectivement sur la profession, les soins, la prévention et la santé publique. – Est interdite toute communication qui vise à attirer des patients par des arguments comparatifs, tarifaires, ou élogieux sur le praticien. |
Ce qui est autorisé
La plaque professionnelle
Tu peux apposer une plaque à l’entrée de ton cabinet. Son contenu est réglementé : nom, prénom, titre de masseur-kinésithérapeute, spécialité éventuelle reconnue, adresse, téléphone, horaires de consultation. Les dimensions et matières sont également encadrées par le code de déontologie.
La fiche Google My Business
La présence sur Google est autorisée. Tu peux indiquer tes informations pratiques (adresse, horaires, téléphone, spécialités), répondre aux avis de manière professionnelle, et publier des photos du cabinet. Ce que tu ne peux pas faire : inciter activement tes patients à laisser des avis en échange d’un avantage.
Le site internet professionnel
Un site présentant objectivement ton cabinet, tes compétences et ton parcours est autorisé. Il doit rester informatif : pas de slogan accrocheur, pas de comparaison avec d’autres praticiens, pas de promesse de résultat.
Les réseaux sociaux
Tu peux publier des contenus à caractère éducatif ou préventif : conseils de prévention, informations sur une pathologie, explication d’une technique de rééducation. C’est ce type de contenu qui crée une audience engagée sans violer les règles déontologiques.
Les annuaires de santé
La présence sur Doctolib, Ameli ou les annuaires de l’Ordre est autorisée et même recommandée. Les informations doivent être factuelles et exactes.
Ce qui est interdit
| Pratique | Pourquoi c’est interdit |
|---|---|
| Avant/après patient (même avec accord) | Témoignage patient à visée promotionnelle |
| Promo’ tarifaire (« 2ème séance offerte ») | Concurrence déloyale et sollicitation commerciale |
| Comparaison avec d’autres praticiens | Atteinte à la confraternité |
| Mention de références de patients célèbres | Témoignage patient indirect |
| Affirmation de résultats garantis | Obligation de résultats fictive |
| Publicité payée (Google Ads, Facebook Ads) | Publicité commerciale directe |
Le cas particulier des avis Google
Les avis patients sur Google ne sont pas interdits en tant que tels. Tu peux y répondre de manière professionnelle. Ce que tu ne peux pas faire : solliciter des avis positifs de manière active (email systématique après chaque séance demandant un avis), ni offrir quelque chose en échange d’un avis. Une affichette en salle d’attente mentionnant l’existence de la fiche Google reste dans les limites acceptées.
FAQ : communication kiné
Puis-je faire des partenariats avec des clubs sportifs pour développer ma patientèle ?
Oui, à condition que cela reste dans un cadre déontologique : présence lors d’événements sportifs, distribution d’informations préventives, mais pas de commission sur les patients envoyés ni de système de référencement rémunéré.
Un blog ou une chaîne YouTube sur la kinésithérapie sont-ils autorisés ?
Oui, si le contenu est à caractère éducatif et ne se transforme pas en publicité personnelle. Présenter des exercices de kinésithérapie ou expliquer une pathologie est autorisé. Terminer chaque vidéo par « venez me consulter à [adresse] » commence à être discutable.
| Ce qu’il faut retenir La communication du kiné libéral est autorisée si elle est informative et objective. La plaque, le site, la fiche Google, les réseaux sociaux à caractère éducatif : tout cela est possible. La publicité commerciale, les promesses de résultat, les témoignages patients et les Google Ads : tout cela est interdit. |
Sources
- Article R.4321-105 du Code de la santé publique – Interdiction de publicité
- CNOMK – Recommandations sur la communication professionnelle en ligne, ordremk.fr
