Damien et Benoît sont deux étudiants kinés du CEERRF qui se lancent à la conquête du 4L Trophy ! Petite présentation de cette aventure kiné humanitaire.
Ce rallye de 6000 km de pistes et de routes dans le désert marocain regroupe 3000 étudiants venus de toute la France. Chaque équipage pilote une 4L : il faut donc des compétences techniques en plus d’être un bon pilote ! Mais l’entraide est généralement au rendez-vous, dans une ambiance bon enfant.
La course est rythmée par des étapes d’orientation de jour et des temps de bivouac le soir pour valoriser l’échange et le partage.
Pour réaliser cette aventure, Damien et Benoît ont besoin de réunir des fonds : contribue et partage leur cagnotte à la communauté kiné qu’ils vont représenter !Tu peux également suivre leur aventure sur :
Le premier jour que j’ai récupéré la voiture on a voulu faire un tour. Au final on s’est retrouvé en panne à l’autre bout de la ville et obligé de se faire remorquer (vidéo à l’appui) ! En 4L, à chaque fois que tu mets la clé dans le contact y a toujours ce petit suspens, est-ce qu’elle va démarrer. Parfois quand ça veut pas bah ça veut pas. Mais au final ça fait des souvenirs inoubliables.
Damien Le Rigoleur, étudiant kiné membre de Sandstorm
Les enfants du désert
La course n’est cependant pas le but principal du rally et ds nos deux étudiants kinés. Cette course mythique est portée par des valeurs d’entraide, de partage et d’éco-responsabilité.
Durant le raid, les étudiants kinés se mobilisent pour apporter du matériel scolaire et des denrées à l’association Enfants du Désert. Ce matériel est ensuite redistribué aux enfants isolés du système scolaire. L’association est née en 2005 et promeut l’éducation des enfants, initialement dans le sud marocain et agit aujourd’hui également en Argentine pour les enfants atteints de handicap.
L’équipage 100% kiné Sandstorm aura également à cœur de promouvoir la santé et la profession de kinésithérapeute lors de leurs rencontres. Prendre soin de l’autre est ancré dans leur cursus scolaire et dans leur choix de carrière. On leur souhaite bien sûr de gagner la course, mais surtout de profiter d’une expérience incroyable !
Alors, tu te lances toi aussi dans une mission humanitaire ou une aventure ? Découvre d’autres histoires de kinésithérapeutes aventuriers ou sportifs de haut niveau
On a testé pour vous l’application Kiné formations, qui propose une large gamme de services à la communauté de l’organisme éponyme. Nouvelles formations, actualités, échanges sur des sujets spécifiques… faisons le tour de cette nouvelle appli pour les kinés !
Kiné Formations est un organisme de formations pour les masseurs-kinésithérapeutes très réputé, proposant un catalogue hétérogène de centaines de formations (vous pouvez d’ailleurs retrouver celles qui sont tout ou partie remboursées via le moteur ce recherche).
Thérapie manuelle, sport, nutrition ou formations centrées sur les femmes… l’organisme propose de nombreux axes d’amélioration de son exercice en physique ou en e-learning, mais aussi des sessions d’amélioration de son cabinet.
L’organisme a notamment l’avantage de proposer des sessions de formations menées par des formateurs exerçant dans des équipes sportives professionnelles, en équipe de France dans de nombreuses disciplines, et une grande variété de contenus.
Afin de proposer une nouvelle interface pour consommer ces contenus et échanger entre confrères kinésithérapeutes, l’organisme propose depuis quelques mois une application mobile à sa communauté.
Présentation de l’application Kiné Formations
L’application est exclusivement destinée aux membres de la communauté Kiné Formation, qui ont participé à des sessions de formation de l’organisme ou participent à l’élaboration de son contenu. Cela permet de garantir un environnement sécurisant pour échanger entre experts et confrères qui rencontrent les mêmes problématiques.
L’organisme fourni directement les identifiants personnels qui permettent d’accéder aux différents espaces de l’application.
Le système est similaire à un service de réseau social, avec des espaces auxquels on peut s’inscrire pour être notifié du contenu et des espaces par défaut. Si on rate une notification ? Pas de panique, un compte rendu bienvenu par email est envoyé pour condenser les informations !
On retrouve 5 éléments dans le menu :
Fil d’actualité qui centralise le contenu sur un mur
Groupes, sur des thématiques spécifiques et auxquels on peut s’inscrire
Membres, annuaire des membres de Kiné Formations
Messages, dans lequel on retrouve les messages privés que l’on peut échanger entre confrères
Paramètres, pour gérer son compte et ses notifications
Les contenus de l’appli
En fonction des groupes auxquels on est abonné, l’application Kiné Formations permet d’obtenir des informations sur des actualités, des brèves de confrères ou bien des opportunités de formations.
Les groupes et thématiques sont les suivantes :
Actu Kiné Formations
Groupe général
Petites annonces
Viscéral
Périnatal
Gestion du cabinet
Ventouses
Techniques Jones
Nutrition
Sport
Thérapies Manuelles
Formateurs
Femmes
Algies
Ma patiente est sportive
Groupes régionaux
Médecine traditionnelle chinoise (MTC)
Si le calendrier des formations ou les contenus scientifiques sont instructifs et bien pratiques, on apprécie aussi les contenus plus légers, et particulièrement les brèves de la minute d’histoire qui permet de faire d’apprendre sur de nombreux sujets autour de la physio & masso-kinésithérapie, et de découvrir des personnages historiques très intéressants.
En tant qu’indépendant, la gestion administrative peut prendre beaucoup de place dans le quotidien du kinésithérapeute libéral… compta, fiscalité, URSSAF, … Rempleo a sollicité ARCOLIB pour permettre aux nouveaux praticiens de bénéficier d’un interlocuteur expérimenté dans le domaine des professions libérales… et se concentrer sur l’essentiel, l’exercice de l’activité de kinés !
Au service des nouveaux diplômés dès l’installation pour une gestion administrative sereine
Le réflexe des nouveaux kinés ayant déjà fait la rencontre de l’un des équipiers de la team ARCOLIB (formation, évènement, salon professionnel, …) , c’est d’appeler le 02 23 300 600 dès le diplôme en poche pour ne pas manquer l’adhésion (oui, il y a un délai légal à respecter !), mais surtout pour faire un point gratuit en RDV ou visio !
L’objectif est de taille : adopter la bonne démarche de gestion de son entreprise libérale en matière de comptabilité, de fiscalité, de conformité avec les impôts… et l’équipe ARCOLIB sait vous en parler, ils sont spécialisés, réactifs, disponibles et habitués à parler de ces domaines que vous n’avez que très peu abordés (ou pas du tout!).
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Plus de 40 ans d’expérience au service des indépendants
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1 à 2 rendez-vous PAR AN personnalisé en visio, ou en présentiel
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Francis Mouget est un confrère masseur-kinésithérapeute, qui combine son exercice avec la pratique du kayak au niveau international. Découvre son parcours de kiné en or !
Francis Mouget aux championnats du monde 2022 – Photo de B.Vekassy
Études de kinésithérapie & passion sportive
Diplômé en 2017 à Nancy, Francis a bénéficié d’un aménagement de scolarité pour sportif de haut niveau. Il a donc pu suivre son parcours de 3ans (à l’époque) à l’IFMK, en 5ans. Continuer à améliorer sa pratique du kayak était essentiel. C’est un sport qu’il a commencé à 13ans, dans son village natal, et n’a pas l’intention d’arrêter après 19ans de pratique.
Du point de vue de Francis, mener des études de kiné en parallèle de la pratique sportive de haut niveau est une très bonne chose. Des aménagements naturels existent, notamment à l’IFMK Saint Maurice, en lien à l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP), où une dizaine de sportifs de haut niveau sont formés. Cela permet d’enrichir son expérience à la fois dans les études de la masso-kinésithérapie et dans sa pratique sportive avec une connaissance pointue de son corps, de ses limites, des opportunités de récupération.
Selon l’article 5 de l’Arrêté du 17 janvier 2020 relatif à l’admission dans les instituts préparant au diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute, les sportifs de haut niveau peuvent présenter leur candidature en vue de l’admission en première année de formation en masso-kinésithérapie. Ils doivent avoir validé une première année universitaire ou en cours de validation et avoir la qualité de sportif de haut niveau (liste ministérielle : reconversion, séniors, espoirs, relève).
Deux pratiques complémentaires possibles grâce au salariat kiné
Francis travaille aujourd’hui comme kinésithérapeute au Centre Hospitalier Universitaire de Nancy, en salariat. Après avoir commencé en réanimation tir cardiaque, puis exercé en réanimation médicale, il évolue aujourd’hui en parallèle dans le service médecine du sport et activités physiques adaptées et dans le service médecine cardiaque.
En tant que sportif de haut niveau, il bénéficie d’une convention d’aménagement d’emploi. Cela lui permet de travailler à 40% du temps au CHU et de concentrer 60% de son temps à sa pratique sportive. 15 entraînements, autour de 20h par semaine.
Cette opportunité d’allier pratique de la kinésithérapie et pratique du sport de haut niveau lui permet de viser des objectifs ambitieux. Aux championnats du monde au Canada du 3 au 7 août 2022, auxquels il ambitionne par exemple le top 8 (EDIT : il finit 10ème mondiale après avoir remporté la première place de la finale B !) Pour le championnat d’Europe en Allemagne qui commencera le 17 août, il découvrira un nouveau support et on a hâte de découvrir les performances !
Pour Francis, les conditions des kinésithérapeutes exerçant en salariat sont très bonnes, et notamment au CHU de Nancy. Il recommande donc ce mode d’exercice pour tous les jeunes kinés souhaitant mener une carrière sportive. Le temps dédié à son employeur par rapport à un salaire tout à fait correct en fait un premier choix. Bien sûr, il faut aimer des pathologies un peu spécifiques, mais la relation avec les autres professionnels paramédicaux dans un CHU est également un autre avantage très intéressant.
Porté par la cause sport & santé qui lui permet de faire le lien entre ses deux pratiques, Francis est a l’aise autant en tant que patient que kiné.
D’ailleurs, 3 kinés d’équipe de France le suivent ainsi que les kinés du CREPS de Nancy. Être collègue et patient, c’est plutôt naturel et le partage est toujours enrichissant. Cela lui permet aussi de se maintenir informé des dernières actualités du monde de ses confrères kinésithérapeutes libéraux et de mieux appréhender leurs problématiques.
Alors, tu te lances toi aussi dans le sport de haut niveau ou une mission humanitaire ? Découvre d’autres aventures de kinésithérapeutes aventuriers ou sportifs de haut niveau
Dans un précédent article, nous abordions le lien entre la kinésithérapie et le numérique, avec un focus sur la télérééducation, comme ce que propose Axomove, aventure kiné & entrepreneuriale. Il est maintenant temps de vous en dire plus sur l’essence d’Axomove et ses ambitions.
La genèse d’Axomove : l’histoire de ses cofondateurs kinés & patients
Le concept d’Axomove est né en 2017, sur le coin d’une table de massage, au cours d’une séance de kinésithérapie entre Pierre-Yves Carlier, kinésithérapeute et Boris Lévêque, son patient. Ancien handballeur professionnel, Boris s’est gravement blessé, mettant un terme à sa carrière. Soucieux de sa santé, il est convaincu qu’une solution pour se rééduquer plus efficacement existe. Leur motivation leur a permis de créer une solution digitale qui accompagne le patient dans sa rééducation.
Leur but ? Améliorer le suivi patient et l’observance des exercices d’auto-rééducation grâce aux possibilités offertes par le digital. Comment ? À travers la puissance de la vidéo pour la rééducation !
Le concept : la vidéo au service de la rééducation
Loin de remplacer le professionnel de santé, l’application se veut être l’assistant de poche du kiné et l’accompagnant du patient. Cela est possible en s’appuyant sur la technologie vidéo. L’application Axomove dispose d’un catalogue de 1 000 exercices, permettant de créer des programmes de coaching vidéo personnalisés et adaptés à chaque patient. Grâce au coaching vidéo, les patients sont guidés et stimulés dans leur rééducation. À domicile ou en cabinet, la reproduction d’exercices devient un jeu d’enfant ! L’auto-rééducation permet ainsi d’autonomiser les patients : ils deviennent acteurs de leur rétablissement et s’impliquent davantage. Pour les kinésithérapeutes, elle leur permet d’exercer leur profession à distance, d’avoir une patientèle plus large et étendue géographiquement tout en évitant les déplacements à répétition.
Étape clé : la levée de fonds
Voilà maintenant 5 ans que l’aventure Axomove a débuté. Au fur et à mesure des années, l’entreprise a connu une importante croissance sur tous les plans.
À l’heure actuelle, Axomove collabore avec de nombreux clients, très hétéroclites (kinésithérapeutes libéraux utilisant l’application, partenariats comme le RKS (Réseau des Kinésithérapeutes du Sein), assurances telles qu’Allianz, centres SSR comme le centre de l’Espoir à Lille, grandes entreprises telles que France Télévisions…).
Mais l’élément déterminant dans le développement d’Axomove est arrivé récemment : depuis maintenant 1 mois et demi, Axomove a réalisé une levée de fonds d’1,6 millions d’euros.
L’objectif ? Déployer à grande échelle sa solution innovante numérique de santé physique. Cela se traduit par un renforcement des investissements en matière d’évaluation médico-économique et de ses contenus d’éducation thérapeutique. Parallèlement, l’entreprise va continuer ses efforts de R&D afin de développer de nouvelles fonctionnalités destinées aux patients et aux praticiens grâce à l’utilisation de la technologie de motion capture.
Axomove : perspective et vision future
À terme, l’objectif d’Axomove est d’être utilisé comme une solution quotidienne dans les mains des gens. Un grand pas supplémentaire pour Axomove serait également que l’application soit remboursée intégralement. L’entreprise ambitionne d’être classée dispositif médical (DM) de classe 1 d’ici juillet 2022. En bref, Axomove souhaite être la solution de santé à distance de référence pour la rééducation des maladies de santé physique en France.
Charlène est une jeune kinésithérapeute mais également sportive de haut niveau. Comment se sont déroulées ses études ? Quel équilibre et quelles ambitions possibles lorsqu’on souhaite pratiquer la kinésithérapie et exceller en tant que sportif professionnel ?
Charlène est masseur-kinésithérapeute et triathlète professionnelle. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. À 14ans elle rentre au pôle Espoir de Nîmes en Handball. Puis, en parallèle de ses études de STAPS, elle intègre l’équipe de handballeuse professionnelle de Nîmes. Elle poursuit ensuite sa carrière à Nantes.
En quête de nouveaux défis, et cherchant un sport individuel, elle teste le triathlon, sport de prédilection de son frère. Elle change de vie professionnelle en démarrant des études de kinésithérapie et en profite pour terminer sa carrière professionnelle de handballeuse pour se mettre à fond au triathlon.
Il faut dire que pour sa première participation aux championnats du monde amateurs de Nice en septembre 2018, elle remporte la première place du podium. De quoi la motiver à passer professionnelle en 2019 et à progresser en Elite.
Elle remportera ensuite son premier podium professionnel aux Ironman 70.3 des sables d’Olonnes en 2019. Avec la 3eme place de nouveau acquise cette année aux sables d’Olonne, elle se qualifie automatiquement pour les championnats du monde en octobre 2022 aux USA. Hâte d’applaudir ses performances !
Elle aime à pousser ses limites en se testant sur de nouveaux combinés, comme lors de sa dernière course en date, importante pour elle car à côté de son IFMK à Vichy. 5 manches chronométrées et éliminatoires de 1km de natation et 8km de course à pied, au terme desquelles elle remporte la 6e place.
Ses supporters de l’école de kiné de Vichy pourront l’applaudir à nouveau lors de l’Ironman 70.3, qui lui permettront de se préparer aux championnats du monde. Une course qu’elle attend depuis le début de ses études à l’Institut.
Études en IFMK et rigueur sportive
Diplômée en juillet 2022 de l’IFMK de Vichy, Charlène a un regard frais sur son parcours en études de kinésithérapie.
L’Institut de formation de Vichy, elle recommande à 100% : des locaux neufs, des enseignants passionnés et passionnants, experts dans leurs domaines. Ces 4 années sont denses et intenses, surtout lorsqu’on est très actif en parallèle des études, mais elles offrent également un bon bagage pour se lancer dans la profession de masseur-kinésithérapeute.
Le challenge pour Charlène, a forcément été d’allier ses études de kiné et son entraînement sportif de haut niveau. Avec 15h minimum par semaine d’entraînement et pas d’aménagement d’études pour sportif de haut niveau comme on peut le voir à Saint Maurice, Nancy, Montpellier ou Grenoble, il a fallu mettre les bouchées doubles. Mais avec de la persévérance, elle nous le confirme : ça le fait. Et en plus, ça a été une réelle satisfaction de voir qu’elle était capable de gagner cette course-là.
Croire en ses rêves
Ses objectifs aujourd’hui : garder du sens et du plaisir et progresser. Notamment sur le half-Ironman qui compte 1,9km de natation, 90km de vélo et 21km course. Et puis pourquoi pas sur l’Ironman complet ?
Lorsqu’on devient sportif professionnel et qu’on a les cours a coté, la rigueur et la régularité sont clés. Elle souhaite continuer à progresser sur ce sujet et sait capitaliser sur son mental, qu’elle renforce avec la nécessité de faire face à des efforts très longs sur la durée.
Elle envisage aujourd’hui d’exercer en tant que kinésithérapeute, et cherche l’équilibre vie pro / vie perso. Après avoir validé un master 2 en Optimisation de la performance sportive, sa pratique est bien sûr orientée sur le sport.
Pour Charlène, le sport c’est essentiel dans la vie et pour la santé. On nous dit toujours que c’est impossible d’allier le sport de haut niveau et des études supérieures… Mais elle recommande au contraire de croire en ses rêves et de foncer : en fait les expériences se renforcent entre elles.
« C’est une superbe école de la vie. Osez ! »
Charlène Clavel
Sur le chemin, elle promet la rencontre de sportifs de haut niveau admirables et inspirants. Avoir la chance de jouer contre des filles aux carrières internationales impressionnantes est une aventure incroyable qu’elle gardera toujours avec elle. Mais aussi des entraîneurs qui font évoluer sur le plan personnel autant que professionnel, des bénévoles sans qui les évènements ne fonctionneraient pas, et des amateurs avec qui on vit des moments de course intenses et qui proposent des retours très constructifs.
Charlène est fascinée par cette incroyable machine qu’est le corps humain, et le rapport à la blessure. Être kiné aide énormément sur les choix des exercices, notamment en récupération. Elle adore chercher l’exercice qui va correspondre exactement aux besoins qu’elle rencontre dans sa carrière de sportive.
Bien sûr, elle partage beaucoup avec son kinésithérapeute et ils échangent leur avis sur chaque aspect de leur pratique, ce qui est très stimulant et permet de voir différentes méthodes de travail.
Alors, tu te lances toi aussi dans le sport de haut niveau ? Découvre d’autres aventures de kinésithérapeutes aventuriers ou sportifs de haut niveau
L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a transmis un nouveau flash d’actualités sur les mesures en place jusqu’au 30 septembre 2022 pour renforcer l’accès aux soins urgents et non programmés en France.
Pour recevoir la newsletter de l’Ordre directement dans votre boîte mail, c’est par ici.
En réponse aux difficultés rencontrées par les structures d’urgences, et plus globalement par l’ensemble du système de santé, la Première ministre, madame Elisabeth Borne a annoncé le 1er juillet dernier un ensemble de mesures ayant vocation à soutenir une organisation renforcée de l’accès aux soins urgents et non programmés sur tout le territoire.
Vous trouverez ci-dessous les mesures, précisées par monsieur François Braun, ministre de la Santé et de la Prévention, qui sont mises en place jusqu’au 30 septembre 2022 et qui concernent les kinésithérapeutes :
1- Simplification de la mise en application des protocoles de coopération entre kinésithérapeutes et médecins
Pour rappel, l’article 66 de la loi OTSS a remplacé le dispositif des protocoles de coopération issu de la loi HPST de 2009 par un nouveau permettant aux professionnels de santé travaillant en équipe de pouvoir s’engager, à leur initiative, dans une démarche de coopération pour mieux répondre aux besoins des patients.
Ce dispositif vise à permettre l’élaboration de protocoles de coopération entre des médecins et d’autres professionnels de santé en opérant des transferts d’activités, d’actes de soins ou d’actes de prévention.
Ces protocoles de coopération ont vocation à être déployés au niveau national et sont autorisés par arrêté ministériel.
A ce jour, seuls les protocoles de coopérations « Prise en charge de la douleur lombaire aigüe inférieure à 4 semaines par le masseur-kinésithérapeute dans le cadre d’une structure pluri-professionnelle » et « Prise en charge du traumatisme en torsion de la cheville par le masseur-kinésithérapeute dans le cadre d’une structure pluri-professionnelle » ont fait l’objet de deux arrêtés en date du 6 mars 2020.
Désormais et jusqu’au 30 septembre :
La mise en œuvre de ces protocoles n’est plus simplement autorisée en MSP et centre de santé mais peut également être effectuée dans le périmètre plus large des CPTS ayant signé l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) avec l’assurance maladie ou dont le projet de santé a été validé par l’ARS.
Afin de rendre possible la mise en œuvre des protocoles hors MSP, l’exigence de partage d’un même système d’information est supprimée s’agissant de la mise à jour des dispositions relatives au partage sécurisé des données de santé. Celui-ci peut être remplacé par un recueil de données de santé référencées par le Volet de Synthèse Médicale défini par la HAS.
La déclaration de l’adhésion aux protocoles est allégée puisqu’un formulaire unique de déclaration en équipe est mis à disposition sur l’application dédiée du ministère. En revanche, les structures d’emploi ou d’exercice sont toujours tenues de déclarer auprès de l’ARS chaque membre de l’équipe volontaire pour mettre en œuvre le protocole.
La possibilité de facturer à l’assurance maladie et d’indemniser les professionnels de santé mettant en œuvre le protocole au titre de leur participation à la réalisation des missions de service public de la CPTS est étendue à celle-ci. Cela permettra en pratique que les caisses primaires d’assurance maladie reconnaissent les prescriptions d’arrêts maladies et d’antalgiques des kinésithérapeutes dans le cadre des protocoles de coopération afin de permettre aux patients d’obtenir le remboursement des soins effectués.
Les collectivités locales peuvent vous aider en vous fournissant des locaux, des équipements et des moyens humains. Cet assouplissement doit permettre de faciliter l’application de ces protocoles et de montrer, une fois de plus, l’importance de l’accès direct au kinésithérapeute dans l’amélioration de notre système de santé et de l’accès aux soins de nos concitoyens
2- Un kinésithérapeute positif au Covid asymptomatique peut continuer à travailler dans le respect strict des conditions suivantes :
Les kinésithérapeutes asymptomatiques ou pauci-symptomatiques sans signes cliniques respiratoires susceptibles de majorer l’excrétion virale (toux, éternuements) peuvent continuer à travailler en établissement de santé, établissement social ou médico-social et en ville compte tenu du bénéfice/risque pour les patients dans le strict respect des conditions suivantes :
Ne pas prendre en charge des patients à risque de forme grave, non vaccinés ou en échec de vaccination connue ;
Ne pas partager de repas ou de pauses avec d’autres personnels soignants, en respectant les conditions d’aération des salles de pause ;
Respecter les mesures barrières et le port d’équipements de protections individuelle pendant toute la durée de la présence sur le lieu de travail.
Cette mesure en vigueur depuis le 3 janvier 2022 est prolongée jusqu’au 30 septembre 2022.
3- Faciliter le recrutement des kinésithérapeutes qui acceptent de participer à l’activité hospitalière en plus de leur activité libérale
Des dispositions exceptionnelles de recrutement et de rémunération des professionnels libéraux installés en cabinet par les établissements de santé sont mis en place :
La rémunération doit permettre le recrutement des professionnels libéraux en renfort des équipes hospitalières ;
Les recrutements sont réalisés dans le cadre d’un contrat avec l’établissement de santé, notamment pour sécuriser le bénéfice de la couverture assurantielle et de la couverture au titre des comptes accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) ;
L’intervention des masseurs-kinésithérapeutes libéraux conventionnés est valorisée forfaitairement comme suit : 30 euros par heure ou 41 euros par heure la nuit, le samedi après-midi, le dimanche et les jours fériés.
Sur ce dernier point, le Conseil national de l’ordre a demandé au gouvernement une correction de ces tarifs à la hausse, l’écart constaté avec d’autres professionnels de santé apparaissant injustifié. Un arrêté modificatif procédant à un alignement de ces tarifs sur ceux alloués aux infirmiers doit paraître prochainement.
Si vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à renforcer les équipes hospitalières. Il est néanmoins indispensable de garder une offre de soins libérale cohérente, permettant les retours rapides à domicile des patients hospitalisés. Il convient également de participer autant que possible au service d’hospitalisation à domicile et au programme Prado, le service dédié au suivi du patient à domicile après son hospitalisation.
Si vous êtes intéressé pour renforcer les équipes, nous vous invitons à vous rapprocher des directions des ressources humaines des hôpitaux concernés ou de la plateforme Renfort RH crise.
Je vous prie de recevoir chères consœurs, chers confrères, mesdames, messieurs, mes salutations confraternelles. Pascale Mathieu Présidente du Conseil national de l’ordre
Retrouvez toutes les informations de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes sur www.ordremk.fr
L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a transmis un nouveau flash d’actualités sur les données personnelles et professionnelles des kinésithérapeutes.
Pour recevoir la newsletter de l’Ordre directement dans votre boîte mail, c’est par ici.
Vous avez été nombreux à nous alerter au sujet de certaines plateformes de rendez-vous en ligne ou de logiciels de gestion des cabinets qui détiennent les données personnelles des professionnels de santé.
Ces plateformes affichent certaines données personnelles telles que les adresses professionnelles ainsi que les contacts associés (fax, mail et téléphone). Pour obtenir ces informations, elles utilisent « l’Annuaire santé », qui est une copie publique du « Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé » (RPPS). Cet annuaire identifie les professionnels de santé, rassemble et publie les informations définies comme « communicables au public ». Ces informations sont remplies par les professionnels de santé notamment quand ils effectuent une demande de Carte de Professionnel de Santé (carte CPS).
Vous êtes également amenés à communiquer des coordonnées professionnelles au sein du formulaire d’inscription au tableau de l’Ordre. Ces coordonnées ont vocation à être rendues publiques. C’est pourquoi il est essentiel de compléter cet encart avec son courriel et numéro de téléphone professionnels. Si vous y inscrivez des données personnelles, celles-ci seront reprises par le RPPS, rendues publiques et ainsi librement accessibles par ces plateformes de rendez-vous en ligne.
Il est bien sûr possible de demander la modification de ces informations au conseil départemental d’inscription.
Retrouvez toutes les informations de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes sur www.ordremk.fr
En soins intensifs et réanimation, le kinésithérapeute est impliqué dans la prise en charge de diverses pathologies et dysfonctions. L’hypoxémie, la dyspnée, les altérations fonctionnelles ou les troubles de la déglutition sont quelques exemples des signes d’appel d’une évaluation par le kinésithérapeute [1].
Ainsi, celui-ci pourra être impliqué dans le sevrage de la ventilation mécanique, le traitement des déficiences pulmonaires ou encore la récupération des capacités fonctionnelles ou de déglutition.
L’évaluation du patient (de l’état d’aération pulmonaire, musculaire, de la déglutition…) permet au kinésithérapeute d’établir un diagnostic, évaluer les possibilités de la prise en charge à modifier le pronostic et choisir les moyens les plus efficaces pour y parvenir. De plus, il doit permettre de définir des critères de qualité pour le traitement, permettant d’adapter la thérapeutique en fonction de la réponse.
Les outils d’évaluation habituels, comme l’auscultation, l’imagerie, l’évaluation de la force musculaire ou l’examen clinique de la déglutition, manquent de précision ou de fiabilité. Certaines de ces évaluations nécessitent la coopération du patient, difficile à obtenir dans certains contextes et notamment dans les premières phases de la réanimation. L’échographie est un outil diagnostic non invasif, non irradiant et simple d’utilisation qui apparaît comme une excellente alternative dans ces situations, améliorant le processus diagnostic des kinésithérapeutes dans de nombreux cas qui seront détaillés ci-après [2, 3].
Échographie dans l’évaluation respiratoire du patient
Durant le processus diagnostic en réanimation, kinésithérapeute réalise un examen clinique et analyse les examens paracliniques à sa disposition. Le plus souvent, il a recours à l’inspection, l’auscultation, la radiographie du thorax ou encore la gazométrie. La supériorité des capacités diagnostiques de l’échographie comparée à l’auscultation et à la radiographie thoracique face aux mêmes pathologies, font de l’échographie un outil prometteur pour le kinésithérapeute [4, 5].
Dans d’autres numéros de cette même revue, les auteurs ont présenté plusieurs cas cliniques où l’échographie a permis d’améliorer l’évaluation du patient en adaptant la stratégie thérapeutique en fonction des données apportées par l’échographie [6, 7].
Les meilleures performances diagnostiques de l’échographie pourraient impacter la décision médicale lors de l’évaluation des patients hospitalisés en réanimation. Cet impact a été évalué par Xirouchaki et al. [8], démontrant que l’utilisation de l’échographie modifiait la stratégie thérapeutique mise en place dans 47 % des cas.
L’impact de l’utilisation de l’échographie sur le choix diagnostic et le traitement en kinésithérapie respiratoire chez le patient hypoxique en réanimation a fait l’objet d’une étude récem-ment publiée par les auteurs révélant un changement de diagnostic dans 40 % de cas après consultations des données échographiques. Parmi les situations où le kinésithérapeute a décidé un changement de traitement, ce changement était majeur dans 41 % des cas [9].
Pour réaliser cette évaluation, chaque hémithorax est divisé dans un total de 6 régions. 2 lignes verticales délimitées par la région axillaire (axillaire antérieure et postérieure) définissant une région antérieure, latérale et postérieure et une ligne horizontale subdivisant chacune de ces régions en supérieure et inférieure.
Figure 1 – Exemple des différents niveaux d’aération et leur potentielle modification durant ou après le traitement en kinésithérapie
L’évaluation de l’état d’aération pulmonaire se fera en évaluant le niveau d’aération dans chacune de ces régions. 4 niveaux d’aération pourront être observés.
Pour chaque niveau d’aération, des points seront alloués comme suit :
aération normale : présence de glissement pleural, des lignes A et moins de deux lignes B isolées (score = 0) ;
perte modérée d’aération : présence de lignes B multiples et bien définies (au moins 3 dans un même espace intercostal) (score = 1) ;
perte sévère d’aération : présence de lignes B coalescentes (score = 2) ;
consolidation pulmonaire (score = 3).
La somme du score de chaque région définit le score d’aération pouvant aller de 0 à 36.
Le kinésithérapeute pourra aussi compléter l’évaluation par l’analyse qualitative des consolidations pulmonaire et/ou épanchements pleuraux.
Enfin, l’échographie peut être utilisée pour l’évaluation du diaphragme pour laquelle elle possède une meilleure précision et fiabilité que les outils d’évaluation habituellement utilisés.
Échographie dans le monitorage du patient
Au-delà de son apport diagnostic, l’échographie revêt un intérêt grandissant dans la littérature dans le suivi de l’évolution du malade. En effet, son excellente précision diagnostique permet de suivre l’amélioration ou la dégradation de l’état du patient. Le kinésithérapeute peut ainsi adapter le traitement face aux changements du contexte clinique.
De plus, sa facilité d’utilisation permet de l’utiliser durant la séance permettant de monitorer la réponse du malade au traitement proposé. Ainsi, lors des techniques de recrutement alvéolaire par exemple, l’échographie peut être utilisée pour guider le réglage de la pression expiratoire positive qui se fera progressivement jusqu’à l’obtention des signes de récupération de l’aération pulmonaire [10, 11]. La figure 1 montre un exemple de 2 cas où l’état d’aération s’améliore durant et après le traitement par manœuvres de recrutement alvéolaire.
Échographie dans le sevrage de la ventilation mécanique
Le processus du sevrage de la ventilation mécanique est une étape clé du séjour en réanimation. Le pronostic du malade peut être fortement impacté en cas d’échec d’extubation dont le taux peut dépasser le 20 % chez cer- taines populations spécifiques [12, 13].
Les causes d’échec pouvant être multiples (œdème aigu du poumon, dysfonction diaphragmatique…), l’identification des dysfonctions à l’origine de celles-ci devient indispensable afin de mettre en place le traitement permettant d’écourter la durée de ventilation et réduire le risque d’un nouvel échec.
L’échographie, permettant l’évaluation cardiaque, de la plèvre, de l’aération pulmonaire ou encore du diaphragme offre une véritable alternative pour le kinésithérapeute. En effet, elle peut être réalisée durant l’épreuve de sevrage, permettant le diagnostic de 2 causes souvent à l’origine d’échec : les dysfonctions diaphragmatiques et les œdèmes cardiogéniques induits par le sevrage de la ventilation.
Dysfonction diaphragmatique
Les patients sous ventilation mécanique présentent souvent des dysfonctions diaphragmatiques. Elles sont, quant à elles, associées à un moins bon pronostic, à un sevrage difficile et à un taux d’échec d’extubation accru [12, 14].
L’évaluation des capacités prédictives de l’échographie diaphragmatique a fait l’objet d’une méta-analyse récemment publiée par l’un des auteurs de ce numéro. Les données analysées révèlent une spécificité de 84 % (95 % CI 0,73–0,91) et une sensibilité de 70 % (95 % CI 0,57–0,80).
Les données apportées dans cette méta-analyse indiquent qu’il existe un risque élevé d’échec d’extubation en cas de fraction d’épaississement du diaphragme inférieure à 30 % ou d’une excursion du diaphragme inférieure à 1 cm. En revanche, l’absence de dysfonctionnement du diaphragme n’implique pas l’absence de risque d’échec d’extubation car il peut se produire pour d’autres raisons non liées à l’activité diaphragmatique [15].
Œdème pulmonaire de sevrage
Durant l’épreuve de ventilation spontanée, le passage en pression négative au détriment de la ventilation en pression positive produit, entre autres, une augmentation du travail respiratoire, la négativation de la pression intrathoracique et l’augmentation de la pression intra-abdominale [16]. Ces phénomènes seront d’autant plus importants en présence d’antécédents de maladie cardiaque, d’une pression positive de fin d’expiration intrinsèque si le patient souffre de bronchopneumopathie chronique obstructive, ou d’une obésité.
Les œdèmes du poumon induits par le sevrage, quant à eux, ont une incidence variant de 44 à 87 % [17]. Son diagnostic peut être évoqué devant la survenue d’une détresse respiratoire brutale lors de l’épreuve de ventilation spontanée. L’échographie permet ce diagnostic face à une augmentation de 6 lignes B dans les 4 régions antérieures.
La reconnaissance de plus de 6 lignes B compte avec une sensibilité de 88 % (95 % CI 64-98), spécificité de 88 % (95 % CI 62-98) et une valeur prédictive positive de 82 % (95 % CI 67-97) [17].
Échographie dans l’évaluation musculaire du patient
L’exposition du patient aux traitements médicaux, à l’inactivité et l’alitement augmentent le risque de développer une « faiblesse acquise en unité de soins intensifs ». Cette faiblesse est associée à une durée de ventilation mécanique et de séjour prolongés et à une mortalité accrue [18, 19]. La mobilisation précoce de ces patients vise à lutter contre l’apparition de cette atrophie musculaire.
La kinésithérapie mise en place est guidée par les capacités fonctionnelles du patient et le résultat de l’évaluation musculaire. Des nombreuses techniques sont décrites dans la littérature et utilisées en pratique clinique [20, 21]. Cependant, ces techniques telles que le Medicin Research Council (MRC) Score ou le test de serrage, nécessitent la coopération du patient et ne peuvent pas être réalisées dans les premières phases de la réanimation, période durant laquelle le phénomène d’atrophie musculaire est plus important [19]. Dans ce contexte, nous retrouvons dans la littérature un intérêt grandissant pour l’utilisation des techniques d’évaluation musculaire non dépendantes de la coopération du patient. Ces techniques permettraient un meilleur dépistage des patients les plus à risque et une meilleure répartition des ressources.
L’évaluation échographique permet l’analyse quantitative et qualitative des muscles avec un bon niveau de fiabilité inter et intra-examinateur, et ce indépendamment du niveau de pratique de l’opérateur et de la gravité de la maladie du patient [22]. Cette évaluation permet de suivre les changements structurels des muscles révélés par un changement de la qualité et la quantité du muscle [23].
Pour cette évaluation, une sonde linéaire sera utile. À notre connaissance, il n’y a pas de consensus dans la littérature quant au muscle à évaluer ou au positionnement du patient ou encore de la sonde échographique. Les muscles le plus décrits sont le droit fémoral, les vastes du quadriceps et le tibial antérieur. Leur évaluation pourra se faire par le biais de mesures comme le calcul de l’épaisseur ou de la surface musculaire, de l’angle de pennation des fibres et de l’échogénicité. La figure 2 illustre différents exemples d’évaluation échographique des muscles périphériques.
L’épaisseur est le paramètre le plus étudié dans la littérature en réanimation. Son calcul correspond à la distance entre les fascias supérieurs et inférieurs d’un muscle (fig. 2 : image A). L’échogénicité du muscle augmente en fonction de la présence de tissus fibreux et de l’atrophie musculaire. Elle peut être calculée de façon quantitative à l’aide de logiciels d’analyse d’image ou de façon qualitative à l’aide de l’échelle de Heckatt. Cette échelle permet de différencier quatre niveaux en fonction de l’échogénicité musculaire et de la réflexion du tissu osseux (fig. 2 : images C et D) [3].
Enfin, pour l’évaluation de l’angle de pennation des fibres, la sonde suivant un axe longitudinal qui permet d’observer l’angle formé entre les fibres musculaires et le fascia sous-jacent. Cet angle est plus important quand les capacités du patient à développer de la force sont plus importantes (le muscle est capable de recruter plus d’unités contractiles) et est donc un bon indicateur de la capacité de force du muscle.
Figure 2 – Exemple des évaluations musculaire par échographie Image A : les lignes jaunes pointillés montrent la mesure de l’épaisseur du droit fémoral (n° 2) et vaste intermédiaire du quadriceps (n° 1) Image B : exemple d’évaluation de l’angle de pennation formé par l’orientation des fibres musculaires par rapport à la fascia sous-jacent Image C et D : différents niveaux d’échogénicité musculaire lors de l’évaluation du tibial antérieur
Discussion
En réanimation et soins intensifs, le kinésithérapeute mobilise de nombreuses compétences et participe à une prise en charge complexe qui comprend des défaillances respiratoires, le sevrage de la ventilation mécanique, la prévention des conséquences musculaires et fonctionnelles de la réanimation.
Le projet thérapeutique ainsi que les ressources et compétences à mobiliser découlent du processus d’évaluation pour lequel le kinésithérapeute doit choisir le meilleur outil afin de mettre en place la stratégie la plus efficace.
Nous venons d’étudier de nombreuses situations où l’échographie, grâce à ses performances diagnostiques, à son caractère non invasif et à sa facilité d’utilisation peut être un excellent outil qui viendrait compléter l’évaluation, améliorant le processus diagnostic et par conséquence la prise en charge.
Ainsi, l’échographie peut être utilisée pour l’évaluation de l’état d’aération pulmonaire, du diaphragme, des causes d’échec du sevrage de la ventilation mécanique ou encore des muscles périphériques, notamment durant les premières phases de la réanimation où les capacités de coopération du patient limitent l’évaluation.
Enfin, il est important à noter l’évolution de la littérature sur l’intérêt de l’échographie dans l’évaluation des voies aéro-digestives. Son apport dans l’évaluation des troubles de la déglutition, des lésions des cordes vocales, du stridor post-extubation, du larynx ou encore dans l’évaluation des œdèmes du larynx et ses traitements fait l’objet d’un nombre grandissant de publications ces dernières années [24-26].
Conclusion
L’utilisation de l’échographie dans la prise en charge des patients admis en réanimation ou soins intensifs pourrait améliorer l’évaluation du patient, le suivi de son évolution et la réponse à la rééducation proposée. Une solide compréhension des mécanismes physiopathologiques sont nécessaires afin de profiter du potentiel de cet outil. L’échographie semble être prometteuse pour le kinésithérapeute, que ce soit en pratique clinique ou en tant que critère d’évaluation en recherche, afin d’améliorer le diagnostic et le suivi des dysfonctions rencontrées en réanimation ou en soins intensifs.
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